Les aventures de Bibi à l'hôpital

Mes aventures, mes souvenirs et situations marquantes à l'hôpital, du point de vue soignant. Quelques rires, ou étonnements, situations vécues ou entendues... Le quotidien à l'hôpital

10 décembre 2008

Quelques explications de la part des patients

La protection est mouillée, le lit avec parfois, le pyjama souvent…

« Je ne comprend pas, ça doit être la pluie »
« Pourtant j’ai pas bu d’eau, je n’ai pas renversé » ou inverse « ça doit être l’eau »
« Pourquoi le lit est trempé ? Parce que je transpire »
« Je ne sais pas pourquoi c’est mouillé »
« C’est votre poche là, il y a de l’eau dedans » (en parlant de la perfusion)
« C’est toi qui la mouillée, avec ton gant »
« Qui a mis la merde là ? » « C’est toi qui a mis la merde quand tu m’as mis ce truc »

Un dernier point : Comment font certains pour mouiller et mettre des selles partout dans le lit, sur leurs mains, leurs vêtements, alors que leur protection est en place, et sèche ??

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24 septembre 2008

Qui est le médecin? La suite

Une maman qui me dit que sa fille n’est pas constipée comme les médecins le pensent mais qu’elle a des calculs dans sa vésicule biliaire qui expliquent ses douleurs au ventre, alors que les examens disent qu’il n’y a rien de ce coté.

"Un homme ne doit pas pleurer parce qu'il a mal, il doit supporter la souffrance". C'est un point de vue, mais quand on peut éviter d'avoir mal, c'est bien aussi, non? Ou "il faut qu'il comprenne ce que ça fait de souffir, d'avoir mal" (un grand père à propos de son petit fils quand je lui explique le fonctionnement de la pompe à morphine). C'est un autre point de vue auquel je n'adhère pas du tout. On n'apprend rien de la souffrance que l'on peut éviter. Et à quoi cela sert-il de laisser souffrir un proche sous prétexte que la souffrance de l'autre n'a pas pu être prise en compte?

Posté par aila à 18:30 - Quand les patients s'y mettent - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Qui est le médecin?

FBI: la chasse aux Fausses Bonnes Idées
Un enfant qui a de la température et qui frissonne. Dans la plupart des cas, les parents les couvrent
thermometrebeaucoup trop. Si l'enfant frissonne, c'est à cause de la température, pas parce qu'il a froid. Il faut au contraire les déshabiller (garder juste en couche), c'est le moyen le plus rapide pour faire baisser la température, après avoir donné du doliprane. Un autre truc entendu "Sa température diminuera plus vite s'il transpire". Qu'en pensez vous?
Encore pour la température, les parents viennent et disent qu'il lui ont donné un bain froid ou mis de la glace. Sans controle médical, ces pratiques peuvent provoquer un choc très important, voire des brulures par le froid. Pratique à oublier absolument
Pour la cicatrisation: mettre sur la plaie du lait ou frotter une pomme de terre?!? Idée complètement farfelue, sans aucune vérification scientifique ou médicale.
J'ai entendu aussi qu'il fallait laisser à l'air les plaies pour que ça cicatrise plus vite, cette idée venait de personnes agées qui y croyaient vraiment. Sauf qu'au niveau infectieux, c'est déconseillé.
Quand un enfant a avalé un mauvais produit (genre eau de javel), le faire vomir... Et dans ce cas risquer de lui bruler l'oesophage, la gorge, et lui faire vraiment mal. Ne pas non plus lui donner du lait. Si cela arrive, appelez lbetajaunedd2e 15 et demandez quoi faire, ils vous expliqueront.
J'ai entendu une fois quelqu'un me dire comment il se désinfectait les mains (un employé d'une usine qui
expliquait ce qu'il ferait en cas de blessure, quelqu'un à soigner). Il a dit qu'il prennait une compresse de bétadine (un antiseptique), et qu'il lui suffisait de la passer sur ses mains pour qu'elles soient désinfectées. D'abord l'antiseptique n'est efficace que sur la peau propre (lavée au préalable). De plus, si c'était vraiment efficace, pourquoi les chirurgiens s'amusent-ils à laver leurs mains pendant 5 minutes???

Posté par aila à 18:21 - Quand les patients s'y mettent - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Qui est le médecin aux urgences?

Certaines personnes viennent pour des douleurs, ou de la température. Mais quand on leur demande s’ils ont pris quelque chose pour la douleur, ils répondent non. La moindre des choses quand on a de la température ou une douleur, on prend d’abord du doliprane avant d’aller aux urgences, non ?

URGENCES_HOPITALAux urgences psychiatriques aussi il y a quelques situations. Un homme est arrivé une nuit en disant avoir des envies de suicide. Le médecin qui l’a vu le connaissait un peu. Cet homme venait d’être viré de l’appartement de sa copine, et ne savait pas ou aller cette nuit. Il a trouvé la combine, mais pas le bon médecin ; il a passé la nuit à l’hôtel.

Si après une soirée arrosée, vous avez des idées de suicide et qu’on vous amène à l’hôpital, vous préférez quoi ? Aller dans un hôpital psychiatrique (avec un repas et un lit), en étant sur de ressortir la lendemain, ou passer la nuit au poste de gendarmerie, sans rien avoir à manger, et en payant en plus une amende de 150 euros ? Une patiente a choisi la gendarmerie. Et vous ??

Posté par aila à 17:38 - Quand les patients s'y mettent - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Qui est le médecin?

Vous avez sûrement déjà entendu des personnes râler parce qu’elles ont attendu longtemps aux urgences avant d’être vus par un médecin. Quelques explication : Les personnes ne sont pas vus suivant leur ordre d’arrivée, certains ne voient qu’une infirmière avant de retourner attendre. En fait la première infirmière que l’on voie décide du degré d’urgence de ce que vous avez. Par exemple quelqu’un qui vient pour une entorse attendra plus longtemps un médecin que quelqu’un qui fait un arrêt cardiaque.

mini_site_bxnord_urgences_4Mais certaines personnes encombrent vraiment les urgences : quelqu’un qui vient pour un renouvellement d’ordonnance, pour une légère blessure. Une dame est venue pour une grande douleur au niveau du pied (d’après elle) qui l’a réveillé la nuit. Elle arrive aux urgences à cloche pied et demande qu’on s’occupe d’elle tout de suite. L’infirmière qui l’a examiné n’a rien vu d’anormal, l’a fait retourner en salle d’attente. La patiente, qui n’avait alors aucune patience, est revenue souvent pour demander à voir un médecin, et finalement s’est remise à marcher très vite, sans rien avoir eu pour soulager la douleur. Ce qu’elle voulait ? Un arrêt de travail pour 2 semaines correspondant aux semaines de vacances de ses enfants. Comme les examens ne montraient rien et que la patiente n’avait plus mal, elle n’a pas eu son arrêt, et est repartie des urgences plus de 4 heures après y être arrivée.

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10 juin 2008

Bruits de couloir

"La maladie d'Alzheimer commence lorsqu'on ne sait plus comment ça s'écrit."

Commentaire d'un patient à un étudiant en médecine.
Des réactions??

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11 mai 2008

Quand les patients coopèrent, à leur manière…

J’ai défait le pansement de la cicatrice de prothèse de hanche à un patient pour que le chirurgien voie si tout allait bien. J’ai ensuite posé un papier stérile dessus et fixé en disant au patient de ne pas l’enlever. Il ne devait pas se lever. 10 minutes plus tard, l’aide soignante vient me dire que le patient est debout à coté de son lit et qu’il dit qu’il saigne de la main.

pansement

Je vais voir. Il a du sang sur la main et sur la cuisse. Ce patient avait enlevé le papier et gratté la cicatrice (avec des agrafes) jusqu’au sang. Il avait même réussi à enlever 2 agrafes. L’aide soignante est venue m’aider à le réinstaller au lit. Je lui ai remis un autre papier, et il m’a dit « celui la je le garde ». Une demi heure plus tard (le chirurgien n’était pas encore passé), les aides soignantes qui allaient l’aider à faire sa toilette m’ont dit qu’il avait à nouveau enlevé le pansement. J’ai remis un autre papier (le 3ème si vous comptez bien). Le chirurgien est arrivé après la toilette. Il allait partir quand je lui ai parlé du pansement et des agrafes arrachées (sinon il n’aurait pas regardé le pansement). Il jette un œil et dit que tout va bien et qu’on peut refaire le pansement.

Comme c’était mon patient, je suis allée lui faire le pansement. Le pansement stérile avec les pinces et tout. Je n’avais pas trop l’habitude, c’était un peu long. Une fois le pansement posé, je suis sortie. Et l’aide soignante vient un peu plus tard me demander quand je ferais le pansement du patient parce qu’ils voulaient le mettre au bord du lit (on fait un premier lever au bord du lit en général le lendemain de l’opération). Je retourne dans la chambre du patient, et effectivement, il n’avait plus de pansement. Mais on n’a pas trouvé le pansement dans le lit ou dessous, ni à coté, ni même dans la salle de bains ou les toilettes mais bien caché dans l’armoire sur l’étagère la plus haute. Donc le patient l’a enlevé et l’a mis lui-même là-haut.

J’ai donc refait le pansement avec les pinces stériles. Le patient a eu son premier lever. A midi, les aides soignant l’ont aidé à s’installer pour un repas léger, et devinez quoi ? Le pansement était par terre. Là j’ai dit à l’infirmière d’aller le refaire parce que je n’en pouvais plus. Elle l’a refait. Et le patient l’a défait plusieurs fois, plusieurs fois par jour durant son hospitalisation. Explication ? Le patient montrait quelques signes de désorientation…

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09 avril 2008

On ne comprend pas, vraiment pas

« Heureusement que tu n’as pas nettoyé le frigo parce qu’il y aurait eu des morts ».

« Je ne veux pas aller à l’hôpital psychiatrique parce qu’ils ne servent pas de pizza et moi j’aime les pizzas. »

Une dame qui ne touchait pas à son repas. Elle nous dit que le repas est pour la dame assise à côté d’elle. Problème : elle est seule dans sa chambre.

En psychiatrie : « Je ne suis pas folle, c’est vous qui l’êtes. » Ou « Moi je n’ai pas bu, vous si !! »

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22 février 2008

La suite

Cette même dame était souvent perdue. On l’aidait à aller au lit, en sachant très bien qu’elle se relevait, et qu’il faudrait la ramener souvent vers son lit, 5 à 10 fois en moyenne. Cela prend pas mal de temps au final.

Et une fois j’ai eu une surprise avec elle. Etre seulement en chemise de nuit ne devait plus lui suffire, parce qu’un soir, elle est venue nous voir.

Elle avait enlevé une manche de sa chemise de nuit rose avec des fleurs. Elle portait un pull en laine bleue à la manière des écharpes de Miss France. Elle portait une chaussure (trop grande pour elle) un chausson, et elle s’était enroulé un drap autour du cou. Et là elle nous demande : « Je suis belle comme ça ? »

Après un grand éclat de rire (imaginez le tableau), nous avons raccompagné cette dame jusqu’à son lit.

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17 février 2008

Parfois avec des personnes ayant la maladie d’Alzheimer, il y quelques moments, drôles.

Je me souviens d’une dame qui confondait des mots à cause de sa maladie. Son pull dans ses phrases devenait éléphant (je ne sais pas pourquoi) et elle mélangeait aussi les couleurs. Alors quand elle a perdu son pull, un jour je lui ai proposé d’aller voir avec elle si son éléphant rose se trouvait dans son placard ? Elle a compris, mais si quelqu’un m’avait entendu, il aurait peut-être pensé que j’étais folle ?

Qui l’a pensé en lisant ces lignes ??? Je veux des noms, je me vengerai…

Posté par aila à 18:50 - Quand les patients s'y mettent - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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