19 décembre 2009
Les « précautions » de la grippe
J’ai vu faire 2 prélèvements pour diagnostiquer la grippe A au travail. Le prélèvement est simple. On le fait avec 2 batonnets (sorte de long coton tige), dans le nez. On met les batonnets dans des tubes en plastique bien fermés. Ces tubes dans une sorte de thermos, et le thermos dans une boite en carton que l’on doit fermer définitivement (le symbole chimique est en grand dessus). La boite est ensuite transportée jusqu’au labo de l’hopital dans un sachet plastique. Le laboratoire se charge d’organiser le transport en ambulance vers le centre d’analyse a Rennes. En fait on a un peu l’impression de manipuler un virus dangereux ou une bombe nucléaire. Faut-il vraiment toutes ces précautions ??
15 novembre 2009
Finalement le vaccin de la grippe A n’est pas obligatoire, j’ai donc décidé de ne pas le faire. J’ai fait mon vaccin contre la grippe saisonnière par contre. Mais j’ai fait une réaction après le vaccin, donc j’arrete un peu pour le moment !! Pour l’instant dans le service, peu de monde l’a fait.
21 septembre 2009
On a tord, partie 2
Une patient appelle pour nous dire qu’il y a trop de bruit (une télé allumée dans une chambre ou la porte est ouverte), que
ce n’est pas normal qu’à l’hôpital on ne respecte pas le sommeil des gens (il est 22h), elle veut se plaindre au directeur et nous demande de l’appeler. Elle continue sur le même sujet sur le bruit qui la réveille et ensuite qu’elle est réveillée trop tôt, qu’on fait exprès de lui faire mal pour les soins, la nourriture n’est pas bonne (on pourrait faire des efforts parce que ça ne motive pas pour manger, « tout est dégeulasse » « on se demande ou ils vont chercher la nourriture, au Lidl ? », les médecins n’expliquent pas ce qu’il font et si elle reste si longtemps à l’hôpital (alors que d’après elle, elle peut rentrer chez elle), c’est pour que les médecins et l’hôpital se remplissent les poches. En plus on fait exprès de mettre beaucoup de temps à répondre aux sonnettes, surtout pour les gens qui ont besoin d’aide comme elle. Après ¼ d’heure de tentative de négociations, elle est formelle, et veut qu’on garde la porte de sa chambre ouverte « pour leur dire demain que vous faites trop de bruit pour m’empêcher de dormir ».
Que dire d’autre ?
Quand on a tord, même si on essaie de se justifier
En début de nuit, un patient avait ses somnifères sur sa table. 2 heures après, il nous appelle pour dire qu’il n’a pas eu ses
somnifères, « parce qu’il les a mis de coté et que quelqu’un est venu les prendre ». du coup il en veut d’autres. L’emballage des médicaments est toujours sur la table, mais vide cette fois. Le patient m’a suivi dans le couloir et a dit qu’il allait trouver ses somnifères même s’il fallait retourner tous les placards. Je lui ai souhaité bon courage, parce qu’il y a vraiment beaucoup de placards et surtout beaucoup de médicaments différents.
Le lendemain il a dit à l’infirmière que JE lui avait repris ses médicaments pour l’empêcher de dormir et que du coup il n’a pas du tout dormi (pourtant il a pas mal ronflé) Le lendemain soir ils les a pris devant moi, et en pleine nuit sonne en disant qu’il n’a pas eu ses somnifères…
07 août 2009
Respect
J’ai déjà entendu des patients parler du respect, et demander à en avoir le droit. Pas de problème, mais j’estime que le respect doit se faire dans les 2 sens. Alors arrêtez les « serveuse » « l’autre con là »(en parlant du médecin), « vous n’avez pas de tête, je vous ai déjà tout dit ce matin » (avec l’envie de répondre « si j’en ai une, ma collègue avec laquelle vous avez parlé ce matin en a une aussi, mais chacune la sienne, donc il faut répéter »), « vous me faites chier » (et c’est le moins vulgaire), « sal*** », « apportez moi ça », « laissez moi tranquille », « vous êtes méchante », « vous ne comprenez rien », « vous l’avez eu ou votre diplôme ? », « lui, il a droit de travailler en France ? »
Et le dernier, "si vous êtes infirmière c'est parce que vous n'avez pas réussi le concours de médecin".
Si à l’hôpital, vous voulez qu’on vous respecte, commencez par respecter les autres.
Les poules
Dormir avec les poules
Une femme me demande de donner un somnifère à sa mère le soir, parce qu’elle ne dort pas. Recherche faite, cette dame dort très bien, mais de 2 à 11h du matin, et elle se sent très bien comme ça. Pourquoi changer ?
Je dis à une patiente, « il est temps de dormir, vous serez fatiguée demain ». 5 minutes après, elle sonne « je ne dors toujours pas ». Un peu de patience ! « Donnez moi un somnifère, j’arrive toujours pas à dormir » (21h).
"Je n'ai pas dormi de la nuit" (à ma collègue le lendemain). Sauf que cette personne qui dort la porte ouverte a ronflé toute la nuit, idem les 2 dernières nuits!
30 juillet 2009
Ce qu'on ne dit pas
Des jeux, des trucs que j'ai appris, pendant le boulot, quand on n'a pas de boulot justement. (Surtout la nuit jusqu'à présent).
Quelques films (DVD DIVX sur ordi, sur une télé, avec des collègues, des patients...) Quelques souvenirs, meme si je n'ai plus les noms en tête.
La découverte du Pogo, site de jeux sur Internet, si vous le cherchez, mon préféré était les mots malins. On y jouait à plusieurs, chacun un ordi, et on pouvais discuter en réseau... Sur Internet, je ne compte pas les heures de mails lus, ou messages sur Facebook, des réponses. Des recherches sur les maladies (ou sur autre chose). Le suivi d'un achat sur E bay. Un achat sur ventesprivées. Une recherche d'appartement, recherche d'annonces, sans oublier le solitaire.
Jeux de cartes, de devinettes.
Petites blagues au téléphone avec les collègues des autres services. Un certain nombre de bouquins, revues lues. Du courrier, des pubs, des factures personnelles triées au boulot. Du tricot ou crochet. J'ai meme essayé d'apprendre le tricot à une collègue.
La télé. Je ne compte pas les informations, les films, les series. Avec une préférence pour les series ou les films bizarres qui passaient vers 1 ou 2 heures du matin sur TF1 le jeudi et le dimanche ou le lundi matin, meme si on répondait aux sonnettes. On ne voyait pas la fin ou le début.
Un peu de repos, sur des transats ou des fauteuils.
Et ce message tapé entre 1 h 1/2 et 1h 45 lors d'une nuit de boulot calme. On va faire un tour à 2 heures, et on mangera ensuite.
Et vous que faites vous au boulot, quand il n'y a pas de boulot??
28 mai 2009
Les joies des prescriptions (quand on arrive à relire les médecins)
1 Fortzaar prescrit (avec une précision en dessous 1 Fortzaar = 2 Hyzaar). Evidemment pas de Fortzaar ou de Hyzaar dans la pharmacie, mais sur une feuille schotchée dans le placard ou il y a écrit 1 Hyzaar = 1 Cozaar + ½ Esidrex. Dans la pharmacie, il y avait du Cozaar 50mg et 100mg et de l’Esidrex 25 et 50mg. Même sans connaître ces médicaments, quelqu’un peu me dire ce que je devais mettre dans la boite de médicaments ?
Une patiente pour qui on a une prescription de Combivent (un médicament pour les poumons) à prendre le matin et le soir. Le fils doit ramener le médicament de la maison parce qu’on ne l’a pas à l’hôpital. Il revient avec du Bonviva (un médicament pour l’ostéoporose) qui se prend 1 fois par mois, à jeun. Petit problème de compréhension ?
D’une nuit à l’autre
Dans une clinique, un service de chirurgie, un weekend end, samedi et dimanche de nuit. Comment 2 nuits de suite peuvent être très différentes ?
La première, j’avais des surveillances des patients ayant été au bloc la veille le vendredi. Avec surveillance de conscience et de tension 2 fois dans la nuit, pour 8 patients. Les autres étaient à surveiller aussi, mais moins. Ils étaient tous perfusé (les 8), avec des antibiotiques prescrits en prévention pendant 48 h après l’opération. J’avais donc pour chaque patient un antibiotique toute les 4 h (2 antibiotiques répartis dans la journée en 3 prises chacun), et une perfusion de médicament pour la douleur toute les 6 h. Je n’ai donc pas arrêté de la nuit, avec en plus un pansement de prothèse de genou à consolider, et des drains à contrôler. Et un somnifère à donner à 22h.
Le lendemain dimanche soir : les pansements avaient été faits, les perfusions de 48h finies, les médicaments pour la douleur donnés en comprimé, et plus par les veines. Il y avait moins de perfusions à surveiller. Résultat ? Un somnifère à donner à 22h, tous les autres patients à aller voir (mais sans soin), des personnes qui peuvent se lever pour aller aux toilettes et qui peuvent sonner s’il y a un problème. On a eu 1 sonnette vers 3h, j’ai donné 2 dolipranes. C’est tout. On a regardé un peu la télé en début de nuit, on avait vu tous nos patients en 2h. Ensuite on a sorti les transats. J’ai lu un peu, et on a dormi de minuit à 2h (heure à laquelle on revoit tout le monde), et de 2H30 à 5H30 (heure du dernier tour avant l’arrivée de l’équipe de jour).
2 nuits de suite dans le même service : 2 nuits très différentes. C’est très rare d’avoir une nuit aussi calme, dans ce cas, on en profite un peu.
12 avril 2009
Coup dur, partie 2 :
Mise à l’épreuve lors d’une réanimation.
On connaît les gestes, massage cardiaque, ventilation. Mais dans la réalité, ça a été un peu la panique générale (en tout cas de mon point de vue).
Explications : Les aides soignantes m’appellent parce qu’un patient ne se sent pas bien au retour de la toilette. Elles l’ont aidé à se recoucher. Il est encore conscient, et répond. Je vais chercher l’appareil à tension (que je casse en chemin), et j’essaie de lui contrôler son sucre dans le sang parce qu’il est diabétique. Ses doigts sont froids, pas de sang pour la mesure. Le temps d’aller prendre l’autre appareil à tension, l’autre infirmière m’a rejoint. Evidemment on ne trouve pas le médecin dans le service, et lorsque je reviens avec le médecin, le patient n’est plus bien du tout, et le chariot d’urgence avec le défibrillateur sont dans la chambre. En accord avec le médecin, je fais le numéro arrêt cardiaque au téléphone. L’équipe de réanimation arrive très vite, et le patient fait un premier arrêt cardiaque devant eux. Ils ont géré avec le matériel.
Plein de détails m’ont fait perdre du temps, mais je me dis que je serais plus apte à réagir lors de la prochaine situation d’urgence, non ?
