19 octobre 2009
Le « virus » de la grippe
En ce moment, je suis en arrêt de travail pour maladie, juste quelques jours. J’ai failli faire un malaise dans un magasin à cause d’une brusque montée de température, et des courbatures, apparues brutalement depuis le matin. Ces signes vous disent quelque chose? Vous entendez surement depuis un moment les symptômes de la grippe, ceux qui doivent nous faire consulter. En résumé, apparition brutale de courbatures, une température élevée, et des signes respiratoires comme la toux. En général les gens qui ont la grippe le savent, ils sont presque incapables de sortir du lit. Donc une personne qui se promène dans la rue en disant qu’elle a la grippe depuis plusieurs jours a des symptômes grippaux, mais pas la grippe. Rentrée chez moi, réaction normale de ma famille en ne me voyant pas très bien, me demander ce que j’ai et si je n’ai pas la grippe. J’ai ensuite vu mon médecin qui m’a dit que j’avais un virus, mais qui n’était pas la grippe. Réaction de l’hôpital quand j’ai appelé pour dire que j’étais malade et en arrêt : « C’est la grippe? » Les 3 personnes que j’ai eu au téléphone. On en parle beaucoup, et je dirais même trop. Le virus grippal circule vite, mais les rumeurs et les « virus » des gens qui n’ont pas la grippe font aussi beaucoup parler d’eux. Maintenant, on devrait bientôt avoir droit aux vaccins à l’hôpital. Pour l’instant, on est pas mal à être contre. Le vaccin est récent, et on n’a pas beaucoup de recul sur ses effets et effets secondaires. En plus, on est les premiers à devoir être vaccinés? Je verrais les consignes à mon retour d’arrêt.
Mon malaise dans le magasin aurait pu être une grippe, mais je savais que ce n’était pas ça. Pourtant, même si je n’ai pas vu d’inquiétude, le vendeur m’a demandé si je n’avais pas la grippe A. Je lui ai dit que non, pourtant quelques personnes autour étaient assez attentives.
31 août 2009
La chaise devant la porte
J’ai vu en maison de retraite, des personnes mettre une chaise devant leur porte à l’intérieur de leur chambre, la chaise pas tout à fait contre la porte, mais suffisamment pour faire du bruit lorsqu’on l’ouvre dans la nuit. Alors pourquoi la chaise ? Pour nous empêcher d’entrer en bloquant la porte, ou pour être réveillé si quelqu’un entre ?
Petit sondage, donnez moi votre avis !
Les patients contrariants
Un a mal à la gorge, se plaint plusieurs jours. On demande une consultation ORL, et au moment du rendez vous, le patient n’a plus mal. Une patiente fait des hyperglycémies à plus de 4g (un taux de sucre dans le sang très élevé), plusieurs soirs de suite. Je demande au médecin de changer ses doses d’insuline pour pouvoir diminuer le sucre, et le soir ou j’ai enfin le protocole, elle est à 0,60g (pas assez).
Un patient qui a très mal 2 après midi de suite, on augmente les doses de morphine qu’il peut avoir, et il n’a plus mal.
12 juillet 2009
Bizarreries :
Un patient qui demande à avoir une consultation ORL à l’hôpital (pour observer le nez, la gorge et les oreilles) et qui est introuvable 5 jours de suite quand le secrétariat de la consultation appelle pour qu’on l’y envoie, alors qu’on a dit plusieurs fois au patient de rester attendre soit dans sa chambre ou au moins dans le service. Résultat ? Consultation annulée !
Un patient qui entre pour un problème infectieux avec une ordonnance de son médecin traitant pour une consultation dermatologique (qui n’a rien à voir avec son problème actuel), datée de plus de 4 mois, et qui veut qu’on lui prenne rendez vous à l’hôpital (« parce que ça va plus vite »), et parce qu’il demande à être sortit dans les 3 jours suivants ? Mais s’il voulait une consultation « vite », il aurait pu aussi bien y aller durant ces 4 mois avant l’hospitalisation ?
Je mets en route un aérosol (un produit dans un masque qui doit aider à respirer lorsqu’il est sous forme de fumée, branché sur une prise d’oxygène ou d’air). Je reviens 20 minutes plus tard pour arrêter l’aérosol, et il y a l’odeur de tabac dans la chambre, alors que ce patient est capable de descendre fumer, a le droit de le faire et est au courant. Même avec quelques explications, en disant que l’oxygène s’enflamme au contact du feu, que l’aérosol ne sera efficace que s’il le fait vraiment, il continuait à dire qu’il n’avait pas fumé. Mais avant de descendre en fumer une autre, il aurait pu tirer la chasse d’eau pour faire partir le mégot qui flottait, on aurait peut être eu un doute ?
22 juin 2009
On n’est pas dans la merde !
La constipation est un phénomène propre à chacun, difficile à comprendre pour les autres.
« Je suis constipé depuis que je suis entré à l’hôpital » (patient entré depuis 3h)
« Je suis constipé depuis ce matin » (regard discret à ma montre, il est 8H30)
« Donnez-moi quelque chose pour aller à la selle ! » 2 h plus tard, « donnez moi quelque chose pour les diarrhées »
« Si les antibiotiques donnent des diarrhées et la morphine constipe, pourquoi vous ne me donnez pas de la morphine pour mes diarrhées » (point de vue d’un patient !)
L’oxygène
"Pourquoi vous me mettez de l’oxygène ?" "Parce que vous êtes essoufflée quand vous marchez". "Mais pourquoi vous me faites marcher alors !"
A côté ! Le sens des mots
J’ai entendu, il y a quelques temps, dans un magasin, une personne dire « j’ai une boule au niveau du genou, comme un hématome, sauf qu’il n’y a pas de sang ». Son collègue lui dit « alors c’est un hématome sous dural, parce que le sang est sous la peau, on ne le voit pas ».
Quelques explications à ceux qui utilisent ces mots sans connaître leur signification.
Un hématome est une poche de sang sous la peau. Donc un hématome sans sang n’est pas un hématome. Sous dural signifie sous la dure mère : c’est une membrane entourant le cerveau. Pour qu’il y ait un hématome sous dural, il faut généralement un choc, et il se voit sur un scanner, chez des patients chez qui on soupçonne un trouble au niveau cérébral, ou par hasard, en cherchant autre chose. Il faut le traiter rapidement, pour ne pas causer de dommages irréversibles au cerveau. Il ne peut donc pas y avoir d’hématome sous dural au niveau du genou.
Je pense qu’il ne faut pas utiliser des mots dont on ne connaît pas le sens, mais ce n’est que mon avis !
14 mai 2009
Bilan 1 an de diplôme
Aujourd’hui, ça fait 1 an que je suis infirmière, 1 an que j’ai mon diplôme.
Voici mon bilan de l’année d’infirmière :
3 « postes différents » : pédiatrie, interim et médecine
3 employeurs différents
27 contrats, dont 1 perdu avant d’être signé et plusieurs signés après mission
13 fiches de paie (voire 14 je ne sais plus trop). Je sais qu’il n’y a que 12 mois dans l’année, mais j’ai 2 fiches de paie par mois (pédiatrie + interim) pour septembre, octobre et novembre 2008.
2 visites médicales, 2 prises de sang, 1 radio pulmonaire, 2 tests d’urine
Des centaines de kilomètre (en voiture, à pied, en vélo)
4 logements différents (2 à Brest, 2 à Lorient) 2 départements
3 déménagements
1 ville à découvrir
Au moins 70 coups de fil pour les logements (certains que j’ai appelé plusieurs fois, d’autres pour un appartement déjà loué)
Au final, une trentaine de logements visités
2 semaines de « congés » en janvier entre l’interim et mon contrat habituel pendant lesquels j’ai écrit 8 lettres de motivation, et envoyé des CV
2 réponses négatives (« on ne cherche personne correspondant à votre profil, mais on garde votre dossier de coté »)
3 entretiens d’embauche (et une simulation avec l’agence d’interim)
2 réponses positives
1 poste sans réponse (« je vous appelle sans faute lundi »). Comme je n’ai toujours pas de réponse depuis janvier, je me dis que j’aurais du lui demander de quel lundi il parlait
1 choix à faire (longue discussion au téléphone avec ma mère, bonjour le forfait), et une bonne nuit de réflexion.
1 entretien avec les cadres supérieurs du service avec visite médicale et recherche d’un logement le même jour, pour commencer à travailler 4 jours plus tard (avec essai de tenue)
2 arrêts de travail (gastro et pharyngite)
Plusieurs maladies (gastro, syndrome grippal 2 fois, pharyngite, sinusite, et vertiges)
Une quantité de collègues différents (dont certains je n’ai même pas fait l’effort de retenir le nom). Petit coucou à Françoise et Mado qui continuent à prendre de mes nouvelles. Et un coucou à mes collègues de nuit de la maison de retraite avec qui j’ai bien rigolé !
4 patients différents à convulser devant moi (c’est très impressionnant quand même)
10 décès (tout pile), 8 annoncés directement à la famille, autant de toilettes et de soins faits
1 transport de corps à organiser
1 arrêt cardio respiratoire avec tentative de réanimation (un échec)
1 appel au SAMU, 1 appel aux pompiers (la nuit, c’est encore mieux)
2 « gaffes » médicales (minimes, rattrapées ensuite)
2 sondes urinaires posées, une sonde gastrique enlevée.
Des prises de sang, des perfusions, des pansements en pagaille
Des heures à préparer, commander, recevoir, ranger les médicaments et le matériel
Des heures de transmissions orales à l’équipe suivante, des kilomètres de transmissions écrites, des heures au téléphone, à batailler avec le fax, à négocier avec l’ordinateur.
Des heures à chercher mon matériel, les médicaments, et d’autres petits trucs.
Des crayons perdus, et d’autres trouvés.
Un peu de sommeil au boulot (la nuit parfois)
Quelques films ou séries (en fait surtout le début ou la fin), des informations
Quelques bonbons, des chocolats, des gâteaux, des bisous (avec les enfants), 3 dessins, plus 1 avec juste un trait rouge sur la feuille, qui ont décoré la salle de soins à Brest.
Des câlins et gros chagrins consolés
Des dossiers perdus, empruntés, déplacés, mais finalement retrouvés
Quelques litres de jus d’orange, mais surtout de l’eau
Un tas de nouveautés (soins, examens, maladies)
Plus d’assurance, plus de confiance en moi
Et des heures d’écriture pour ce site
1 an déjà et beaucoup de changement
Et une pensée pour les nouveaux diplômés de mai 2009
16 mars 2009
Des réponses
Je ne l’ai pas encore fait : voici mes commentaires sur vos commentaires :
Le plus récent : Rontgen On est collègues ? Si tu me voies à l’hôpital, fait moi un signe… Et pour le coup du bip aux manips de garde, je n’y avais pas pensé. Ca fait 3 semaines que je travaille là. Et avoir cet appel en même temps qu’une entrée, m’a un peu pris la tête et j’ai demandé à la cadre de nuit de s’en charger. Elle est passée ensuite me dire que j’avais bien fait de l’appeler, elle a géré.
Laurent : Des compliments sur la Bretagne? Tu as bon gout. Je travaille dans un service de médecine. Je ne donnerais pas plus de détails directement, pour ne pas que vous puissiez retrouver l’endroit ou les patients (à cause du secret professionnel d’une part, et ensuite pour ne pas critiquer un service ou une personne désignée, je veux plutôt faire réfléchir sur notre pratique). Pour ceux qui sont du métier, vous allez vite comprendre dans quel service je travaille (voire le bâtiment et l’étage), pour les autres vous finirez par comprendre. Je peux donner plus de détails par mail.
Fred : Merci pour ton soutien. Je continuerai à écrire mes aventures tant que j’aurais quelque chose à dire, et j’ai encore beaucoup à partager. Par contre, c’est sensé me rassurer que tu me dises que j’aurais surement plein d’autres occasions de faire des erreurs ?? Lol
Nath : j’ai été contente de te voir en vrai et de travailler avec toi, fais moi signe si tu reviens vers ce site
Mélanie et Lara : je passe souvent sur vos sites, j’adore. Et Mel, ton nouveau site est super !
Migue : si tu repasses, ou en es tu ? La 3ème année, ça va ?
Maliem : A 30 ans, on peut toujours être un enfant !?! Effectivement c’est un peu bizarre, mais j’ai vu un garçon de 14 ans dans un service de nourrissons alors qu’il y avait une petite de 8 mois aux grands enfants en même temps (jusqu’à ce que l’on fasse le changement). L’âge doit être un repère subjectif pour les médecins !!
Et les autres : Sophie : Comment vas ? Continue tes œuvres, j’adore aller y jeter un œil…
Gaétan : j’espère que tout se passe bien pour toi à l’école. Comment s’est passée ta MSP de 2ème année, et ton TEFE, tu avances ? Tu as eu de la neige par chez toi ?
Maman : Tu m’as dit qu’il n’y avait pas beaucoup de monde à laisser un message sur mon site, mais en 1 an, tu ne m’en as pas laissé un seul !!
Et tous ceux que j’oublie : Aurélie, Mado, Françoise, Aline, Nicole( ?), Steven (tu m’as promis de tout lire !)… Et tous ceux que je ne connais pas…
Bienvenue pour fêter l’anniversaire du mon site, en espérant qu’il sera toujours là l’année prochaine, et la suivante…
16 février 2009
Depuis quelques temps déjà, j’envoyais mes récits à mes amis par mail, assez long parfois. J’avais des réponses qui m’encourageaient à continuer. Et faire ce travail d’écriture est devenu très facile, et très « libérateur ». Ecrire me fait mettre à plat ma pratique et mes émotions pour réfléchir plus calmement sur les situations.
Au début, j’ai fais un copié collé de mes mails pour faire les messages du site. Maman s’en est rendue compte assez vite, et même si Sophie m’a dit qu’elle aimait les relire, je pense qu’il valait mieux que j’en mette quelques unes, uniques.
A partir de là, j’ai envoyé l’adresse du site à mes amies, pour qu’elles puissent comprendre ce que je vis au quotidien, entre 2 mails envoyés.
Et aujourd’hui, j’ai des commentaires et des messages de soutient de personnes que je ne connais même pas. Certains me laissent leur mail, l’adresse de leur blog ou m’envoie un mail.
Vos commentaires me font très plaisir, et ça me donne un point de vue intéressant différent du mien.

