10 décembre 2008
Quand on se demande pourquoi on va travailler : la suite
Quand on arrive dans le poste de soins à 6h46 pour faire les transmissions de la nuit à l’équipe de jour, et que tout le monde est là à regarder sa montre parce que les transmissions doivent commencer à 6h45, et que j’entend des soupirs quand je parle.
Quand l’infirmière de nuit arrive un peu en retard avec son café, qu’elle raconte sa semaine de vacances à sa collègue, que j’attends pour lui faire mes transmissions et que j’ai envie de partir parce que j’ai 1 heure de route. Comme c’était mon premier jour dans cet établissement, je ne connaissais pas par cœur l’historique de l’hospitalisation de tous les patients. Donc l’infirmière qui me demande les résultats du bilan de la prise de sang qu’elle avait fait avant ses vacances, la radio, et quand on a enlevé les drains, refait le pansement… et qu’elle veut absolument le savoir et regarde dans le dossier pendant les transmissions, entrecoupés de « tu te souviens de Mr Truc ? Je l’ai croisé au magasin… ou tu ne devineras jamais ce que j’ai fait… ». Dans ces cas, les transmissions durent 1heure au lieu d1/4 d’heure, et on me regarde bizarrement quand je dis que j’ai une heure de route, l’air de dire « Quelle idée de venir travailler ici si on habite aussi loin… »
Quand une collègue appelle sur le téléphone pour me demander d’aller répondre à une sonnette, voir à une 2ème parce que je suis « à côté », ou juste un peu plus près qu’elles, alors que j’ai la moitié de la maison à traverser, et que tant qu’à faire, je n’ai qu’à aller répondre à la voisine aussi, et que lorsque je dans la salle de pause, je les voit se servir une 2ème tasse de café alors que j’ai été obligée d’arrêter ma préparation de médicaments pour aller répondre. Quand j’arrive et qu’une autre personne sonne elle me regarde en me disant c’est Mme Machin. Du coup elle soupire quand je me sers à boire et que je m’assoie en lui disant « chacun son tour ».
Quand j’ai droit à un « Tu peux me ramener mes clés que j’ai oublié dans le poste de soins des transmissions parce qu’on ne peut pas quitter le service, il y a plein de monde dans les couloirs, en plus je pars dans 10 minutes. » Et lorsque j’arrive dans leur service (au 2ème étage de l’autre bâtiment) elles sont toutes les 3 devant la télé, que je ne vois qu’un patient dans le couloir et qu’il est endormi, alors que j’ai encore des soins à faire, ça m’énerve un peu
Commentaires
Garde espoir!
Je connais ce que tu vit par coeur, je hais cette impression que tout les autres n'en font pas autant que toi. C'est d'un pénible à vivre et en plus ça crée tout de suite des tensions dans une équipe. Mes solutions: boire pour oublier ou alors critiquer ces personnes dans leurs dos avec le reste de l'équipe(c'est pas joli joli mais c'est tellement bon...)
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