Les aventures de Bibi à l'hôpital

Mes aventures, mes souvenirs et situations marquantes à l'hôpital, du point de vue soignant. Quelques rires, ou étonnements, situations vécues ou entendues... Le quotidien à l'hôpital

22 juin 2009

On n’est pas dans la merde !

La constipation est un phénomène propre à chacun, difficile à comprendre pour les autres.

« Je suis constipé depuis que je suis entré à l’hôpital » (patient entré depuis 3h)

« Je suis constipé depuis ce matin » (regard discret à ma montre, il est 8H30)

« Donnez-moi quelque chose pour aller à la selle ! » 2 h plus tard, « donnez moi quelque chose pour les diarrhées »

« Si les antibiotiques donnent des diarrhées et la morphine constipe, pourquoi vous ne me donnez pas de la morphine pour mes diarrhées » (point de vue d’un patient !)

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L’oxygène

bouteille_oxyg_ne"Pourquoi vous me mettez de l’oxygène ?" "Parce que vous êtes essoufflée quand vous marchez". "Mais pourquoi vous me faites marcher alors !"

Posté par aila à 16:32 - Général - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A côté ! Le sens des mots

J’ai entendu, il y a quelques temps, dans un magasin, une personne dire « j’ai une boule au niveau du genou, comme un hématome, sauf qu’il n’y a pas de sang ». Son collègue lui dit « alors c’est un hématome sous dural, parce que le sang est sous la peau, on ne le voit pas ».

Quelques explications à ceux qui utilisent ces mots sans connaître leur signification.

Un hématome est une poche de sang sous la peau. Donc un hématome sans sang n’est pas un hématome. Sous dural signifie sous la dure mère : c’est une membrane entourant le cerveau. Pour qu’il y ait un hématome sous dural, il faut généralement un choc, et il se voit sur un scanner, chez des patients chez qui on soupçonne un trouble au niveau cérébral, ou par hasard, en cherchant autre chose. Il faut le traiter rapidement, pour ne pas causer de dommages irréversibles au cerveau. Il ne peut donc pas y avoir d’hématome sous dural au niveau du genou.

Je pense qu’il ne faut pas utiliser des mots dont on ne connaît pas le sens, mais ce n’est que mon avis !

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28 mai 2009

Les joies des prescriptions (quand on arrive à relire les médecins)

medicaments41 Fortzaar prescrit (avec une précision en dessous 1 Fortzaar = 2 Hyzaar). Evidemment pas de Fortzaar ou de Hyzaar dans la pharmacie, mais sur une feuille schotchée dans le placard ou il y a écrit 1 Hyzaar = 1 Cozaar + ½ Esidrex. Dans la pharmacie, il y avait du Cozaar 50mg et 100mg et de l’Esidrex 25 et 50mg. Même sans connaître ces médicaments, quelqu’un peu me dire ce que je devais mettre dans la boite de médicaments ?

Une patiente pour qui on a une prescription de Combivent (un médicament pour les poumons) à prendre le matin et le soir. Le fils doit ramener le médicament de la maison parce qu’on ne l’a pas à l’hôpital. Il revient avec du Bonviva (un médicament pour l’ostéoporose) qui se prend 1 fois par mois, à jeun. Petit problème de compréhension ?

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D’une nuit à l’autre

Dans une clinique, un service de chirurgie, un weekend end, samedi et dimanche de nuit. Comment 2 nuits de suite peuvent être très différentes ?

La première, j’avais des surveillances des patients ayant été au bloc la veille le vendredi. Avec surveillance de conscience et de tension 2 fois dans la nuit, pour 8 patients. Les autres étaient à surveiller aussi, mais moins. Ils étaient tous perfusé (les 8), avec des antibiotiques prescrits en prévention pendant 48 h après l’opération. J’avais donc pour chaque patient un antibiotique toute les 4 h (2 antibiotiques répartis dans la journée en 3 prises chacun), et une perfusion de médicament pour la douleur toute les 6 h. Je n’ai donc pas arrêté de la nuit, avec en plus un pansement de prothèse de genou à consolider, et des drains à contrôler. Et un somnifère à donner à 22h.

RonflementLe lendemain dimanche soir : les pansements avaient été faits, les perfusions de 48h finies, les médicaments pour la douleur donnés en comprimé, et plus par les veines. Il y avait moins de perfusions à surveiller. Résultat ? Un somnifère à donner à 22h, tous les autres patients à aller voir (mais sans soin), des personnes qui peuvent se lever pour aller aux toilettes et qui peuvent sonner s’il y a un problème. On a eu 1 sonnette vers 3h, j’ai donné 2 dolipranes. C’est tout. On a regardé un peu la télé en début de nuit, on avait vu tous nos patients en 2h. Ensuite on a sorti les transats. J’ai lu un peu, et on a dormi de minuit à 2h (heure à laquelle on revoit tout le monde), et de 2H30 à 5H30 (heure du dernier tour avant l’arrivée de l’équipe de jour).

2 nuits de suite dans le même service : 2 nuits très différentes. C’est très rare d’avoir une nuit aussi calme, dans ce cas, on en profite un peu.

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14 mai 2009

Bilan 1 an de diplôme

Aujourd’hui, ça fait 1 an que je suis infirmière, 1 an que j’ai mon diplôme.

Voici mon bilan de l’année d’infirmière :

            3 « postes différents » : pédiatrie, interim et médecine

            3 employeurs différents

            27 contrats, dont 1 perdu avant d’être signé et plusieurs signés après mission

            13 fiches de paie (voire 14 je ne sais plus trop). Je sais qu’il n’y a que 12 mois dans l’année, mais j’ai 2 fiches de paie par mois (pédiatrie + interim) pour septembre, octobre et novembre 2008.

            2 visites médicales, 2 prises de sang, 1 radio pulmonaire, 2 tests d’urine

            Des centaines de kilomètre (en voiture, à pied, en vélo)

            4 logements différents (2 à Brest, 2 à Lorient) 2 départements

            3 déménagements

            1 ville à découvrir

            Au moins 70 coups de fil pour les logements (certains que j’ai appelé plusieurs fois, d’autres pour un appartement déjà loué)

            Au final, une trentaine de logements visités

            2 semaines de « congés » en janvier entre l’interim et mon contrat habituel pendant lesquels j’ai écrit 8 lettres de motivation, et envoyé des CVpile

            2 réponses négatives (« on ne cherche personne correspondant à votre profil, mais on garde votre dossier de coté »)

            3 entretiens d’embauche (et une simulation avec l’agence d’interim)

            2 réponses positives

            1 poste sans réponse (« je vous appelle sans faute lundi »). Comme je n’ai toujours pas de réponse depuis janvier, je me dis que j’aurais du lui demander de quel lundi il parlait

            1 choix à faire (longue discussion au téléphone avec ma mère, bonjour le forfait), et une bonne nuit de réflexion.

            1 entretien avec les cadres supérieurs du service avec visite médicale et recherche d’un logement le même jour, pour commencer à travailler 4 jours plus tard (avec essai de tenue)

            2 arrêts de travail (gastro et pharyngite)

            Plusieurs maladies (gastro, syndrome grippal 2 fois, pharyngite, sinusite, et vertiges)

            Une quantité de collègues différents (dont certains je n’ai même pas fait l’effort de retenir le nom). Petit coucou à Françoise et Mado qui continuent à prendre de mes nouvelles. Et un coucou à mes collègues de nuit de la maison de retraite avec qui j’ai bien rigolé !

            4 patients différents à convulser devant moi (c’est très impressionnant quand même)

            10 décès (tout pile), 8 annoncés directement à la famille, autant de toilettes et de soins faits

            1 transport de corps à organiser

            1 arrêt cardio respiratoire avec tentative de réanimation (un échec)

            1 appel au SAMU, 1 appel aux pompiers (la nuit, c’est encore mieux)

            2 « gaffes » médicales (minimes, rattrapées ensuite)

            2 sondes urinaires posées, une sonde gastrique enlevée.

            Des prises de sang, des perfusions, des pansements en pagaille

            Des heures à préparer, commander, recevoir, ranger les médicaments et le matériel

            Des heures de transmissions orales à l’équipe suivante, des kilomètres de transmissions écrites, des heures au téléphone, à batailler avec le fax, à négocier avec l’ordinateur.

            Des heures à chercher mon matériel, les médicaments, et d’autres petits trucs.

            Des crayons perdus, et d’autres trouvés.

            Un peu de sommeil au boulot (la nuit parfois)

            Quelques films ou séries (en fait surtout le début ou la fin), des informations

            Quelques bonbons, des chocolats, des gâteaux, des bisous (avec les enfants), 3 dessins, plus 1 avec juste un trait rouge sur la feuille, qui ont décoré la salle de soins à Brest.

            Des câlins et gros chagrins consolés

            Des dossiers perdus, empruntés, déplacés, mais finalement retrouvésinfirmier

            Quelques litres de jus d’orange, mais surtout de l’eau

            Un tas de nouveautés (soins, examens, maladies)

            Plus d’assurance, plus de confiance en moi

            Et des heures d’écriture pour ce site

1 an déjà et beaucoup de changement

Et une pensée pour les nouveaux diplômés de mai 2009

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01 mai 2009

Mac Gyver à l’hôpital

Parmi les professionnels, il y en a surement qui connaissent les tubes de sang qui font gomme…

Connaissez-vous le meilleur moyen de faire tenir une bouteille en verre en hauteur pour une perfusion (sans avoir un panier ?) ? Sparadraper tout ça au pied à perf. Pas d’étiquettes pour écrire sur les seringues, les perfusions ? Le sparadrap nous sauve. Une perfusion bouchée ? Une seringue et un peu d’eau. Un pansement qui se décolle ? Un hypafix (pansement blanc collant), ou un tégaderm (pansement transparent). Un raccord à oxygène manquant entre le manomètre (le truc qui sert à régler la quantité d’oxygène), et le masque à oxygène ? Un embout d’aiguille à insuline. Un doigt à faire tremper dans du dakin ? Utiliser un pot à urine.

Dans les poches d’une infirmière : toujours avoir du sparadrap, des crayons, paire de ciseaux, pince, la feuille ou on note tout (moi c’est une feuille de transmission), un carnet de médicaments (ou un équivalent), des gants, des compresses, 2 doliprane, une seringue et un bouchon à perfusion. C’est le minimum vital pour ne pas être obligée de traverser tout le service pour aller cherche ce qui manque. Evidemment essayer de caser le téléphone (ou le semer quelque part au choix), entre les fiches de paie, les plannings, et les bonbons et chocolats offerts Qu’en pensez-vous ?

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La sonnette, mode d’emploi

En général, il y en a une près du lit, et une dans la salle de bains.

La première est la plus utilisée. Elle comprend un petit boitier, relié au mur. Jusqu’à présent, dans les hôpitaux ou j’ai travaillé, les commandes de lumière étaient aussi sur le même boitier. D’où des erreurs. L’autre moyen de déclencher la sonnette près du lit est de tirer dessus, et de l’arracher du mur. La 2ème sonnette dans la salle de bains est souvent confondue avec la chasse d’eau. Elle est souvent, en vue, près des toilettes.

Quand ça sonne :         « Je voulais allumer la lumière »

                                   « C’était pour voir quelle lumière ça allumait »

                                   « Je croyais que c’était la télécommande »

                                   « Ca fait du bruit quand j’appuie dessus »                               

                                   « Je croyais que c’était la chasse d’eau »

Ou d’autres, perdus     « Pourquoi vous êtes là ? »

                                   « Je ne peux même pas être tranquille aux toilettes ? »

                                   « Le fil me gène »

Bizarre                         « Je ne vous ai pas appelé »

                                   « J’ai pas appuyé dessus »      

                                   « Quand j’appuie, y a quelqu’un qui vient pour me parler »

                                   « Je m’ennuie »

                                   « Vous pouvez allumer la télé ? » (Quelqu’un qui peut se lever)

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12 avril 2009

Coup dur, partie 2 :

Mise à l’épreuve lors d’une réanimation.

On connaît les gestes, massage cardiaque, ventilation. Mais dans la réalité, ça a été un peu la panique générale (en tout cas de mon point de vue).

Croix_20rougeExplications : Les aides soignantes m’appellent parce qu’un patient ne se sent pas bien au retour de la toilette. Elles l’ont aidé à se recoucher. Il est encore conscient, et répond. Je vais chercher l’appareil à tension (que je casse en chemin), et j’essaie de lui contrôler son sucre dans le sang parce qu’il est diabétique. Ses doigts sont froids, pas de sang pour la mesure. Le temps d’aller prendre l’autre appareil à tension, l’autre infirmière m’a rejoint. Evidemment on ne trouve pas le médecin dans le service, et lorsque je reviens avec le médecin, le patient n’est plus bien du tout, et le chariot d’urgence avec le défibrillateur sont dans la chambre. En accord avec le médecin, je fais le numéro arrêt cardiaque au téléphone. L’équipe de réanimation arrive très vite, et le patient fait un premier arrêt cardiaque devant eux. Ils ont géré avec le matériel.

Plein de détails m’ont fait perdre du temps, mais je me dis que je serais plus apte à réagir lors de la prochaine situation d’urgence, non ?

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Coups durs ou ce que je n’aime pas dans ce métier…

L’annonce du décès à la famille du patient. On ne nous prépare pas vraiment à ça. Je me souviens juste qu’on m’a dit d’être franche et directe, c'est-à-dire, ne pas dire « votre parent est parti, nous a quitté », ou alors le genre « j’ai une mauvaise nouvelle, votre parent a fait une attaque, nous avons eu du mal à le réanimer… et blabla pendant 5 minutes ».

La phrase directe au téléphone est : « Bonjour, ici une infirmière du service de ?./§/..¨%§, je suis bien chez Mr machin (nom de la personne de confiance). J’ai une mauvaise nouvelle pour vous, Mr Truc vient de décéder dans le service. » A peu de chose près c’est ma phrase. Et c’est pas de la dire le plus dur je trouve, c’est juste après, avec la réaction de la famille. Même si le décès est attendu, ou prévisible à court terme, je pense que cela fait toujours un choc de l’entendre. On ne peut pas savoir, se mettre à la place de la famille. Je leur conseille de venir dans le service avec le livret de famille, et que là, nous leur expliqueront ce qu’il faut faire. La famille retient très peu de détails à ce moment, c’est plutôt lorsqu’ils sont en face de nous qu’on peut leur donner plus d’informations. Ce qui pose problème pour moi aussi c’est lorsque le décès a lieu la nuit. Es-ce que j’appelle la famille à 2h du matin ?

Il y a d’autres choses à faire en cas de décès. En premier, faire confirmer le décès par un médecin (ou au moins le prévenir), prévenir la chambre mortuaire qui s’occupera du transport et de la conservation du corps (suivant les hôpitaux), prévenir le standard, et faire les premiers soins. Jusqu’ici, les aides soignantes avec lesquelles j’ai travaillé faisaient la toilette pendant que je faisais les démarches administratives. Je n’avais que les soins infirmiers à faire (déperfuser, enlever le matériel respiratoire…)

Posté par aila à 19:06 - La pratique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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